Charlotte Bessodes - Sage-femme échographiste

Pré-éclampsie et Doppler Utérin

Comprendre le dépistage et la surveillance échographique de la pré-éclampsie pour une grossesse suivie au plus près.

Examen Doppler des artères utérines
La pré-éclampsie est une complication de la grossesse qui peut être dépistée par l'échographie Doppler des artères utérines. Un dépistage précoce permet de mettre en place une prévention et une surveillance adaptée.

Qu'est-ce que la pré-éclampsie ?

La pré-éclampsie est un syndrome associant hypertension artérielle et présence de protéines dans les urines, survenant après 20 SA. Selon l'OMS, elle concerne 2 à 8% des grossesses dans le monde (3 à 5% en France selon le CNGOF) et peut avoir des conséquences pour la mère et le bébé.

  • Hypertension artérielle (≥ 140/90 mmHg)
  • Protéinurie (protéines dans les urines ≥ 300 mg/24h)
  • Peut entraîner un RCIU par insuffisance placentaire
  • Risques maternels : éclampsie (convulsions), HELLP syndrome

En cas de maux de tête intenses, troubles visuels, douleur épigastrique ou œdème brutal, consultez en urgence.

Le dépistage par Doppler utérin

Le Doppler des artères utérines réalisé au premier trimestre permet d'évaluer le risque de pré-éclampsie :

  • Réalisé entre 11 et 14 SA, en même temps que l'échographie T1
  • Mesure des résistances dans les artères utérines
  • Combiné avec les facteurs de risque maternels et la pression artérielle
  • Un résultat anormal ne signifie pas que vous aurez une pré-éclampsie

Selon les recommandations de la HAS, le dépistage précoce permet de proposer un traitement préventif par aspirine faible dose avant 16 SA, réduisant le risque de pré-éclampsie précoce d'environ 60% (source : HAS 2019).

Les facteurs de risque

Certains facteurs augmentent le risque de développer une pré-éclampsie :

  • Première grossesse
  • Antécédent personnel de pré-éclampsie
  • HTA chronique, diabète, maladie rénale
  • Obésité (IMC > 30)
  • Grossesse gémellaire
  • Âge maternel avancé (> 40 ans)
  • Maladies auto-immunes (lupus, syndrome des antiphospholipides)

Surveillance et prise en charge

En cas de risque élevé ou de pré-éclampsie avérée, la surveillance est renforcée :

  • Surveillance tensionnelle régulière
  • Analyse d'urine (recherche de protéinurie)
  • Échographies de croissance et Doppler plus fréquents
  • Aspirine préventive si risque élevé (commencée avant 16 SA)
  • Hospitalisation si signes de gravité

Si on vous a prescrit de l'aspirine préventive, il est important de la prendre dès le début de la grossesse, idéalement avant 16 SA, pour qu'elle soit efficace.

Questions fréquentes

Non, pas obligatoirement. Un Doppler anormal augmente le risque statistique mais ne prédit pas avec certitude la survenue d'une pré-éclampsie. La majorité des femmes avec un Doppler anormal n'auront pas de complications. Votre praticien vous proposera une prévention par aspirine qui réduit significativement ce risque.

L'aspirine préventive (100-150 mg le soir) doit être commencée avant 16 SA pour être efficace. Elle réduit le risque de pré-éclampsie précoce d'environ 60%. Elle sera poursuivie jusqu'à 36 SA sur prescription médicale.

On ne peut pas toujours l'éviter, mais le risque peut être réduit. L'aspirine préventive chez les femmes à risque est la mesure la plus efficace. Une alimentation équilibrée, l'arrêt du tabac et le contrôle du poids avant la grossesse sont également recommandés.

La pré-éclampsie peut entraîner un retard de croissance par insuffisance placentaire et parfois nécessiter un accouchement prématuré. C'est pourquoi la surveillance est renforcée. Avec une prise en charge adaptée, la majorité des bébés naissent en bonne santé.