Charlotte Bessodes - Sage-femme échographiste

Oligoamnios et Hydramnios

Comprendre les anomalies de la quantité de liquide amniotique et leur surveillance échographique.

Échographie de surveillance du liquide amniotique
La quantité de liquide amniotique est évaluée à chaque échographie de grossesse. Une quantité anormale, trop faible (oligoamnios) ou trop importante (hydramnios), nécessite une surveillance et des investigations pour en comprendre la cause.

Comment mesure-t-on le liquide amniotique ?

L'échographiste utilise deux méthodes pour évaluer la quantité de liquide amniotique :

  • Grande citerne : mesure de la plus grande poche de liquide (normale entre 2 et 8 cm)
  • Index Amniotique (ILA) : somme des 4 plus grandes poches (normal entre 8 et 18 cm)
  • L'évaluation est réalisée à chaque échographie du suivi

Le liquide amniotique est produit principalement par les urines du fœtus et résorbé par sa déglutition. Son volume reflète donc le bon fonctionnement de ces systèmes.

L'oligoamnios : trop peu de liquide

On parle d'oligoamnios lorsque la grande citerne est inférieure à 2 cm ou l'ILA inférieur à 5 cm. Les causes possibles sont :

  • Rupture prématurée des membranes (fissuration de la poche des eaux)
  • Anomalie rénale fœtale (agénésie rénale, uropathie obstructive)
  • Retard de croissance intra-utérin (RCIU)
  • Dépassement de terme
  • Cause indéterminée (20% des cas)

En cas d'oligoamnios sévère, un bilan complet est nécessaire pour en identifier la cause et adapter la surveillance.

L'hydramnios : trop de liquide

On parle d'hydramnios lorsque la grande citerne dépasse 8 cm ou l'ILA dépasse 25 cm. Les causes possibles sont :

  • Diabète maternel (la plus fréquente, par polyurie fœtale)
  • Anomalie digestive fœtale (atrésie de l'œsophage, du duodénum)
  • Syndrome transfuseur-transfusé (grossesse gémellaire)
  • Infection fœtale
  • Idiopathique (cause non retrouvée) dans 50% des cas

Surveillance et prise en charge

Selon la cause et la sévérité, la surveillance comprend :

  • Échographies de contrôle rapprochées (toutes les 2-3 semaines)
  • Bilan étiologique (recherche d'anomalies fœtales, diabète maternel)
  • En cas d'hydramnios symptomatique : ponction évacuatrice possible
  • Surveillance du col utérin (risque de menace d'accouchement prématuré)

Questions fréquentes

La gravité dépend de la cause et du terme. Un oligoamnios modéré en fin de grossesse est souvent bénin et bien toléré. Votre praticien référent évaluera la situation et adaptera la surveillance en fonction de votre cas particulier.

L'hydratation maternelle a un effet modeste sur la quantité de liquide amniotique. Elle peut être recommandée en cas d'oligoamnios léger, mais ne résout pas les causes sous-jacentes. Des études suggèrent qu'une bonne hydratation peut légèrement améliorer la situation.

Un hydramnios important peut provoquer une gêne respiratoire, des douleurs abdominales et une tension de l'utérus. N'hésitez pas à en parler à votre praticien qui pourra vous proposer des solutions adaptées pour soulager ces symptômes si nécessaire.

Pas systématiquement. Le mode d'accouchement dépend de la cause sous-jacente et de l'état du fœtus, pas de la quantité de liquide en elle-même. La décision sera prise au cas par cas avec l'équipe obstétricale.